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Sortir de la rivalité: la force de la sororité

  • Photo du rédacteur: Lise D
    Lise D
  • 6 avr. 2022
  • 7 min de lecture

Sororité ?


Un mot bien moderne, bien dans l'air du temps et souvent bien présent dans les discours féministes ! Et pourtant, si nous sortons de cette utilisation trop connotée, nous retrouvons son vrai sens : la solidarité entre femmes. Cette dernière ne court pas les rues et pourtant elle a un pouvoir de transformation de nos vies que nous ne soupçonnons pas : celui de briser la solitude, celui de nous faire entrer dans une charité désintéressée, celui de nous libérer de la comparaison et d'entrer dans l'enrichissement mutuel.


Mais pourquoi la sororité et non pas tout simplement la charité au sens large ? Pourquoi séparer encore une fois les hommes des femmes ?


Il ne s'agit pas ici de parler d'une sororité où les femmes s'unissent le point levé pour faire bloc contre le patriarcat...Oh non, pas du tout ! Il convient ici de découvrir la joie du soutien entre femmes, en considérant le plus naturellement possible que nous vivons des réalités différentes de celles des hommes, et bien sûr particulièrement la maternité, et que nous avons besoin de veiller les unes sur les autres pour vivre du mieux que nous pouvons notre spécificité de femme et notre mission au cœur du monde. Vivre la sororité de façon épanouissante, c'est tenter de vivre une charité juste et belle, qui rompt la solitude, permet la confiance en soi et peut mener à des liens très profonds.

Pour rendre cela concret, écoutons Marie et Sixtine nous parler de leur expérience de la sororité.



Surmonter l'absence :


Chère Marie, lors de l'absence de ton mari pendant cinq mois, jeune mariée et tout juste enceinte, as-tu expérimenté la sororité ?

Oui, j’ai été amenée à expérimenter la sororité. En effet, mon mari est parti pour son travail pendant 5 mois à l’étranger et je me suis donc retrouvée seule, enceinte de 4 mois, et, de plus, dans un appartement en plein travaux ! Même si nous savions que cette séparation arriverait et que nous nous étions préparés à cette période, la séparation a seulement 6 mois de mariage n’a pas été si simple. J’ai trouvé alors un véritable réconfort dans mes amitiés féminines et avec mes sœurs, avec lesquelles je pouvais me confier en toute liberté et exprimer ce qui me traversait. Il y a dans l’amitié entre femmes une dimension bien particulière où l’on se sent vite comprise, et ce même lorsqu’il est difficile de mettre des mots sur ce que l’on ressent. Mon mari se montrait soutenant de son côté, mais il était difficile de se comprendre pleinement, en raison de la distance et ses aléas. Par conséquent, je peux dire que j’ai trouvé chez les femmes de mon entourage un réel soutien. J'ai expérimenté l’aide de mes collègues de travail ou des femmes de mon entourage, me proposant à plusieurs reprises leurs coups de main dans la réalisation de choses du quotidien ou tout simplement dans le partage de moments de qualité.

Ainsi la sororité, concrètement, ce fut ma sœur, venue de loin et sur un coup de tête pour me remonter le moral pour mon premier week-end sans mon mari; ce fut l'aide de ma maman et d'une amie pour l'installation de la chambre de mon bébé et pour le dernier gros ménage avant la naissance et le retour de mon mari après des mois de travaux et de vie dans la poussière ! Ce fut la délicatesse d'une amie qui m'a fait parvenir un colis de douceurs, avec le livre "Les merveilleuses mères veilleuses" de François Garagnon, qui m'a portée durant toute ma fin de grossesse; ce furent tous ces échanges rassurants au sujet de l'accouchement, de l'après... Ce fut cette amie qui m'emmenait faire balades et baignades à la mer pour me changer les idées. Plein de petites choses si importantes !

Est-ce que cela a été un vrai soutien ? Une vraie force pour commencer ta vie de maman ? Je peux dire que cela a été en effet un véritable soutien ! Notamment le fait qu’une de mes amies vive elle aussi de son côté la maternité. Je pouvais alors me confier, lui partager mes interrogations, mon émerveillement, mes peurs et mes joies. Sentir que l'on n'est pas seule, que d'autres sont passées avant nous, quoi de plus précieux ?

Prendre soin les unes des autres, une façon chrétienne de vivre le féminisme? Oui ! C’est une vision du véritable féminisme que de prendre soin les unes des autres: on n'est plus alors dans la revendication, la comparaison ou l'opposition face à l'homme mais dans une vraie bienveillance où la féminité est une aventure commune, où la vulnérabilité a toute sa place.

Et le plus bel exemple de cette sororité, c'est bien celui de la Sainte Vierge, enceinte elle-même, qui s’empresse d’aller aider sa cousine Élisabeth qui attend Saint Jean-Baptiste. Dans une homélie à Lourdes (15 août 2004), Jean-Paul II disait ainsi : « Les paroles du récit évangélique nous font percevoir avec les yeux du cœur la jeune fille de Nazareth en chemin vers la «ville de Judée» où demeurait sa cousine, pour lui offrir ses services. Ce qui nous touche avant tout en Marie, c’est son attention pleine de tendresse envers sa parente âgée. C’est un amour concret qui ne se limite pas à des paroles de compréhension mais qui s’engage personnellement dans une véritable assistance.»


Merci Marie !

Autour de la maternité :


Chère Sixtine, il y a un peu plus d'un mois, tu as accouché de ton premier enfant à la maison, peux-tu nous dire comment cela a été rendu possible et ce qui t'a permis d'oser cette aventure pour ton premier accouchement ?


Tout d’abord, le fait d’accoucher à la maison était un choix de couple ! Nous avions la chance d’avoir une sage femme spécialisée en accouchement à domicile et une grossesse qui se passait bien ! Pour nous ce n’était pas tellement une aventure : ce qui nous aurait demandé du courage, c'est de devoir aller à l’hôpital ! Il était évident que nous voulions le mieux pour accueillir notre enfant et l’endroit où nous nous sentons le mieux est chez nous ! Par ailleurs la sage femme était vraiment rassurante sur toutes les remarques qui nous étaient faites.

Peux-tu nous raconter la journée que tu as vécue avant d'accoucher ?

Ce qui a fait que l’accouchement et la semaine qui a suivi se soient si bien passés vient aussi du fait que j’étais, que nous étions, vraiment très entourés ! Ma maman et mes belles-sœurs m’ont organisé une journée peu de temps avant l’accouchement, où nous avons cuisiné ensemble et parlé de la maternité ! Tout au long de ce moment, elles m’ont dit et redit à quel point j’étais forte, que l’accouchement était une étape superbe dans la vie d’une femme. Nous avons échangé des bougies et pendant le travail, je leur ai envoyé un petit message pour leur dire que le bébé était en route : je savais alors qu’elles priaient pour moi et pensaient à moi ! Ce soutien spirituel et psychologique m’a portée tout au long de l’accouchement. Je priais les femmes qui m’ont précédée pour qu’elles intercèdent pour moi (mes grands-mères entre autres), je priais pour mon bébé en route ! Et je savais que ma maman, ma belle-mère et mes belles-sœurs priaient avec moi !


Comment vis-tu la sororité au quotidien ?


Au quotidien, ce soutien de mes sœurs et de mes amies est extrêmement précieux ! Une question, une inquiétude et je peux appeler ! Par ailleurs je sais qu’elles sont là pour moi comme je suis là pour elles ! Parfois pour un café mais aussi pour garder les enfants le temps d’une sieste ! La semaine qui a suivi l’accouchement c’était flagrant : tous les jours, nous avions un plat tout prêt à mettre au four ! Mais ce sont aussi des attentions délicates : un bouquet de fleurs, une boîte de thé, un mot doux gratuit ! Juste se rappeler que nous ne sommes pas seules et qu’ensemble on est sacrément fortes !

Je crois que c’est aussi ce qui fait que ma maternité me paraît si naturelle : quel que soit l’état de vie de mes sœurs et belles-sœurs, avec ou sans enfant, nous sommes toujours disponibles les unes pour les autres !


Prendre soin les unes des autres, une façon chrétienne de vivre le féminisme?


Oui évidemment, car tout se vit dans la foi ! Nous nous retrouvons parfois pour un chapelet ! Et quelque part ce soutien qui m’a été apporté au moment de la naissance me fait penser à Marie allant voir sa cousine Élisabeth !

Nous savons que nous ne faisons pas pareil, mais juste que nous faisons toutes de notre mieux ! Et que c’est tout ce qui compte !


Merci Sixtine !



Sentinelles de l'Invisible !


Cette bienveillance, cette compassion envers nos amies, nos sœurs, nos connaissances, permet donc de quitter la comparaison, la rivalité, la course à la perfection mais de pouvoir dire « moi aussi » et ainsi tout ce qui est négatif et douloureux peut être porté à plusieurs. Cette charité féminine permet aussi de se sentir libre, de sortir des modèles préétablis car elle donne confiance en soi en nous montrant que nous pouvons apporter aux autres. L'envie, la jalousie ne sont plus possibles car en vivant des relations si vraies nous quittons les faux-semblants, les vitrines de famille parfaite, et la vulnérabilité n'est plus alors un aveu de faiblesse mais une formidable occasion de bienveillance.


Soyons donc attentives les unes aux autres, discrètes mais bien présentes, prions ensemble (découvrez la "Prière des mères" ici), soyons créatives pour nos sœurs, avec le langage d'amour qui est le nôtre : geste, service, parole valorisante, moment de qualité, cadeau...


Embellissons mutuellement nos vies en rompant la solitude, en étant fortes ensemble pour ceux que Dieu nous a confiés, afin d'être les Sentinelles de l'Invisible dont parlait Jean-Paul II, ces femmes qui attendent la Résurrection, parfois sans le savoir, mais qui veillent, ensemble, sur la beauté du monde.



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